Notre mission

Nous ne sommes plus au temps où les pays occidentaux avaient la conviction d’incarner le modèle démocratique et exportaient, en croyant bien faire, leur propre système politique dans les nouvelles nations en quête d’assistance. La France ne saurait aujourd’hui servir de modèle sur ce plan. Nos concitoyens sont d’ailleurs les premiers à se plaindre des déficiences de leur système politique. Il faut donc dissocier le modèle démocratique, qui relève de l’idéal, des régimes politiques en crise.

C’est pourquoi, l’Institut pour la démocratie fonde ses analyses sur les principes de droit de portée universelle, à savoir les lois non écrites de la démocratie. Sans nier l’utilité qu’ont pu avoir des textes empiriques de droit positif – historiquement datés et parfois imprégnés d’idéologie, comme c’est le cas de la Déclaration universelle des droits de l’Homme – car ils ont contribué à une prise de conscience salutaire, il faut prendre acte du fait que le concept de démocratie a enfin pu être défini de façon rationnelle il y a une trentaine d’années, notamment grâce aux travaux de l’académicien français Jean Baechler. Pour les Français, la sempiternelle expression vague de « valeurs républicaines » a désormais acquis un sens très précis. Surtout, nous disposons maintenant d’un étalon de mesure qui permet d’apprécier le caractère démocratique d’un Etat donné.

Le débat sur la définition de la démocratie étant pour ainsi dire quasiment clos, il en ira bientôt de même du débat sur le choix des meilleures institutions. Car c’est bien parce qu’elles sont conformes aux bons principes que certaines institutions fonctionnent mieux que d’autres. Ce n’est pas tout. Tous les pays étant confrontés aux mêmes problèmes, les bonnes solutions ont également valeur universelle. Il convient par exemple de dénoncer les effets pervers du régime présidentiel, consistant à enraciner le pouvoir dans un homme, ou les modes de scrutin dits « proportionnels », car les élections ont pour objet de dégager une majorité capable de gouverner, non de révéler les dissensions politiques, encore moins de les pérenniser.

Au final, l’ingénierie politique se définit comme la discipline ayant pour objet de transcrire au mieux les principes de la démocratie dans des institutions. La prise en compte des derniers progrès de la connaissance en la matière ne pourra que favoriser à terme l’émergence à terme d’un ordre planétaire enfin pacifié, lequel ne pourra être que fondé sur la reconnaissance des principes de droit de portée universelle.